David nous demande notre avis sur le futur des applications web libres. Je me prête au jeu 
Vous avez dit application web libre ?
Il faut avant tout distinguer 2 cas :
- Une application web distribuée sous une licence libre,
- Une application permettant à ses utilisateurs d'aller et venir librement en proposant des capacités d'import/export basées sur des standards ouverts et ausein desquelles il peut controler ses données.
En posant cette question à David, celui ci a répondu :
Libre dans le sens Logiciel Libre, ce qui implique généralement des formats de données standards et interopérables.
Mon avis est assez mitigé sur sa réponse :
- Une application libre ne veut pas forcément dire qu'elle est interopérable et s'appuie sur des standards. Même si pour des libristes convaincus cela va de pair, je ne suis pas certain que cette relation se vérifie systématiquement.
- Une application distribuée sous licence propriétaire peut tout à fait s'appuyer sur des standards et être interopérable.
Personnellement et comme j'ai déjà pu l'aborder lors de mes réflexions sur les outils de bookmarking sociaux ou sur les données que l'on aime tant (Partie 1 & Partie 2), je suis avant toute chose pour la liberté de l'utilisateur et dans sa capacité à contrôler ses données à tout moment. Que l'application soit distribuée sous licence libre, je dirais que cela arrive au second plan. Je pourrais même dire que c'est du bonus.
Facebook, la prise de conscience du public (ou pas) ?
Une partie du net s'est offusquée de l'utilisation des données des utilisateurs de Facebook à des fins commerciales (publicité, etc). Maintenant, que représente cette partie du net face à l'ensemble des utilisateurs ? A mon humble avis, une goutte d'eau dans cet océan. La quasi-totalité des utilisateurs ne se pose même pas la question et se contente de profiter des services offerts, imaginant que Facebook offre son service gracieusement et de façon désintéressée. Pourtant, faut vraiment être naif pour ne pas se rendre compte que le seul business model des services web 2.0 tient à la capture d'un utilisateur et à leur capacité à en connaitre un maximum sur ce-dernier afin de pouvoir monayer cela auprès d'annonceurs et investisseurs potentiels. Rien n'est gratuit en ce bas monde et encore moins sur le net.
Bien sur on ne peut que souhaite qu'un maximum de personne soit sensibilisé à ces problématiques de contrôle de ses données, il serait naif de croire que cela arrivera tout de suite. C'est un peu comme le paradgime logiciel libre vs logiciel propriétaire. Certains commencent à peine à se rendre compte des limites et de la dépendance que cela entraine (mais l'iPhone va nous aider) . Certains s'en contentent, d'autres pas du tout et certains y viendront progressivement quand les solutions libres seront plus matures ou que la migration d'une solution propriétaire vers une solution libre sera peut couteuse (en terme de temps, prise en main, coût, etc).
Application web libre, vers un internet de confiance ?
Le scandale de Facebook n'est qu'une des manifestations de cette méfiance vis à vis des services du Web 2.0 que peuvent entretenir certains. Même si une déclaration des droits des utilisateurs de services Web 2.0 a vu le jour, je doute qu'elle soit réellement appliquée dans les faits. En outre, ce n'est pas forcément compatible avec les modèles économique de ces services.
A l'inverse, une application web garantissant la liberté de ses utilisateurs telle que définit précédemment permet de commencer à batir un internet de confiance dans lequel chacun est maitre de ses données et peut évoluer librement au gré de ses envies. Cela peut paraître utopique, mais cela commence à être réalisable. Les Open API (ou API ouvertes), l'utilisation de standards et de briques libres permettent petit à petit de créer de telles plateformes.
le SaaS frein ou accélérateur d'application web libre ?
SaaS pour "Software as a Service" que l'on peut assimiler aux applications hébergées vont-elles pousser ou freiner ce passage vers des applications web libres ? Là encore, pas évident de trouver une réponse fiable. De nombreux SaaS existent dans un mode propriétaire et fermé. A l'inverse, certains cherchent à partir sur des formats ouverts (Google Docs par ex) pour tenter de capter le marché. Je dirais alors que le passage ou pas vers des applications web libre dépendra de la valeur du service et de sa portée. Elle pourra rester sur un mode propriétaire et fermé tant que sa valeur ajoutée est forte. Par contre, pour des besoins courants, il lui faudra impérativement être ouverte et basée sur des standards.
Un ou plusieurs avenirs ?
Je vois plusieurs avenirs pour les applications web libres :
- A court terme et comme tout mouvement, cela se développera chez les plus utopistes, avant-gardiste, geeks existant sur cette planète. Les applications web libres auront un succès limité.
- A moyen terme, si la prise de consicence se fait au niveau des masses, un engouement va commencer et les applications web libres vont se développer petit à petit.
- A long terme, aura-t-on que des applications web libres ? un mix libre et propriétaire ? Tout comme pour la couche système d'exploitation et logiciel je pense que le libre est l'avenir, cela mettra du temps à se faire et si une application propriétaire utilise des standards et est interopérable, alors elle aura tout à fait sa place. Par contre, une application propriétaire et fermée est condamnée d'avance. On le voit déjà aujourd'hui avec l'arrivée d'OpenSocial. Point de salut pour un service Web 2.0 sans une API ouverte.
En conclusion : oui y a un avenir pour les application web libres selon moi, même si c'est pas forcément gagné d'avance 
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