TCE, les français trompés ?
Par NiCoS le lundi 30 mai 2005, 23:17 - Moi et jus de cervelle - Lien permanent
C'est la seconde réflexion que tout cela m'inspire...
Alors que les anglais trouvent la constitution trop sociale, tout comme les roumains, on se dit : mais comment les français ont-ils fait pour voter non...
Surtout que notre Europe actuelle est historiquement hyper sociale :
- Communauté du charbon et de l'acier : plus social, tu meurs,
- Traité de Rome : idem,
- Système Monétaire Européen : on frise le communisme,
- Marché commun,
- Traité de Maastricht,
- Traité d'Amsterdam,
- Traité de Nice,
- Etc.
Les politiciens à l'origine du Traité de Rome avait bien compris que l'Europe se ferait d'abord par le pan économique puis des autres pans.
A l'époque, je doute même que le citoyen moyen souhaitait une Europe sociale - le modèle social français lui convenait amplement. Puis, avec la crise de l'Etat providence et une intégration économique forte, on a souhaitait créer une Europe plus sociale.
Et alors qu'on se donne enfin les moyens de créer les esquisses de cette Europe sociale et bien non, on rejette en bloc... 
La Constitution s'est rendue indigeste car je pense aussi qu'on a voulu mettre trop de choses dans cette constitution. Il faut se rappeler qu'une constitution contient les règles des règles du jeu sur lesquelles on se base ensuite pour créer une action politique. Mais non, on a voulu prendre en compte les spécificités de chaque pays et on arrive à des paradoxes du type : est-il normal que la pêche de telle ou telle espèce soit figée dans une constitution ? Moi je dis : NON
De cette confusion et en oubliant toute la construction économique de l'Europe, on a trompé le peuple français et le contexte économique n'a pas aidé.
Cela me rappelle à juste titre le sujet de l'épreuve d'économie de l'ESCP lors des concours d'école de commerce sur les liens entre croissance économique et intégration européenne. L'Europe s'est au départ créé dans un contexte de croissance puis depuis les années 70s dans un contexte de crise économique où l'Europe était vue comme une solution. Aujourd'hui, en pleine période de stagnation économique, on ne sait plus à quel saint se vouer et donc on remet tout en question car aucune réponse traditionnelle n'apporte de réponse. En outre, dans la mesure où la construction européenne sort des mécanismes purement économiques, il faut trouver les nouveaux vecteurs de croissance...
Qui vivra verra...